L’inscription 

On est le 16 septembre 2025, ça y est, je me suis inscrit pour le trail du Ventoux by UTMB en version 100K, c’est-à-dire 87 km et 4500 m de dénivelé positif.

Il faut l’avouer, je l’ai fait avec une petite pointe d’amertume, car j’aurais aimé m’inscrire sur le 100M qui promettait de mieux découvrir la région avec 125 km et 5700 en dénivelé mais les copains ont préféré la version plus courte pour une fois. Je me suis donc rangé du côté de la majorité avec cette pointe de regret en sortant de l’Ultra Trail du Mont-Blanc. La course de quartier s’est tellement bien déroulée, que la motivation est encore à son paroxysme.

La préparation

Avec une fin d’année au top entre le trail Atlas Marathon au Maroc et le marathon de la Côte d’Amour à La Baule où j’ai été chercher un nouveau record (3h 03′ 16″ et une 277ème place sur 6002 coureurs), tout est au beau fixe !

Seulement, la récupération du marathon ne s’est pas passée comme prévu. Avec une douleur persistante au genou droit. J’aurais sûrement dû couper et je n’ai pas écouté mon corps en continuant à courir régulièrement à enchaîner le 10km de Liffré sur une jambe puis le trail Glazig en version défi début février dans un état toujours bancal.

Début mars c’est la douche froide après une sortie d’entraînement de 30km un dimanche matin et une très grosse douleur au genou le lundi m’empêchant presque de marcher.

Je réduis alors drastiquement mon niveau de course pour privilégier le vélo et prends rendez-vous pour consulter pour le genou.

Les seules séances de course que je m’autorise sont en alternance course/marche où je passe 25 à 50 % du temps en mode marche. J’avoue que je ne sais pas trop ce qui m’attend fin avril et si je maintiens mon inscription pour le Ventoux.

Rendez-vous IRM le 15 avril

Le diagnostic tombe. C’est une contusion osseuse au niveau du genou droit que je traîne depuis la fin de l’année 2025, presque six mois et qui ne passe pas car je n’ai pas coupé complètement. Le seul remède : le repos. Cela est surement dû à un surentrainement en 2025 (avec plus de 3000km au compteur).

C’est décidé, j’arrête la course à pied au moins pendant 13 jours ! On verra bien ce que cela donnera au Ventoux !

La course

Finalement, j’ai gardé le dossard. Et j’ai réfléchi à la meilleure solution possible pour essayer d’être finisher. Ce sera en privilégiant de la marche au maximum voir même en m’interdisant de courir sur certaines portions. J’ai également ajouté plus de marche, de vélo et un peu plus de renforcement au programme.

Je pars également avec une genouillère et les bâtons. En général, j’ai souvent tendance à les sortir tard mais demain je les sortirai dès les premières montées.

Récupération dossard le vendredi soir avec une organisation millimétrée comme d’habitude, et je retrouve les copains au gîte.

Préparation du sac, révision de la stratégie, partage autour de nos objectifs… En temps normal, je pense que j’aurai pu venir avec un objectif de 13h mais avec ces conditions, je me donne comme objectif premier d’être finisseur et comme deuxième objectif d’avoir un peu de marge sur les barrières pour finir aux alentours de 18h30 de temps de course.

Le départ

Levé aux alentours de 5h du matin pour un départ 6h30. Ca pique un peu mais les deux dernières nuits ont été bonnes.

Nous sommes dans le sas de départ n°1. Le soleil se lève. Dernier check avec les copains que je ne reverrai probablement pas avant l’arrivée. Le départ est donné et je me force à partir en mode marche dès le début. Au bout de quelques mètres, je suis dernier du 1er sas et après 3km les premiers 2ème sas me rattrapent. Je commence à me faire doubler de tous les côtés.

Les pourcentages commencent à monter ce qui réduit ma perte de places et je commence à faire quelques foulées en mode course dans les moments de replat.

Globalement du 6ème au 20ème kilomètre, je n’ai plus perdu beaucoup de places. Le genou allait parfaitement dans les côtes et mon niveau me permettait de reprendre certaines places que j’avais perdues au début. Premier checkpoint, au 15ème km où je passe en 984ème position et sûrement bon dernier du sas 1. Nouvelle descente où je reperds des places que je récupère en partie dans la belle bosse de 700m de d+ qui suit.

Du 20ème au 47ème km, c’est la partie la moins sympa. Beaucoup de descentes et de portions plates, un peu de cailloux. Je passe la plupart du temps en mode marche rapide, je m’autorise des portions de course, toujours en alternance course/marche, notamment lorsque les sols sont plus souples pour limiter l’impact sur le genou. Je fais quasiment l’impasse sur les ravitos car physiquement je n’ai vraiment pas tapé dans mes réserves et je suis très bien. Cela permet de reprendre beaucoup de place au classement.

Depuis le début, on aperçoit le géant de Provence sous différents angles qui nous toise… un coup on s’en approche, un coup on s’en éloigne pour mieux y revenir. Le genou se porte plutôt bien sur cette portion, et j’ai plus eu peur à la cheville qui a tourné au 22ème km et à la gamelle que j’ai prise au 44ème comme d’habitude, sur la portion la moins technique du parcours. Heureusement sans gravité ! Mais ça, c’est tout moi.

J’ai aussi retrouver Julian au 21e km qui m’a reconnu grâce au t-shirt Spartiate / Haroz. Il est de Rennes et il connaît bien une partie du groupe. Pour ma part, je l’avais seulement croisé sur l’UTCA 2025. On va faire une partie de la course ensemble, je la rattrape sur les montées et à la faveur des ravitaillements, alors que lui me dépasse sur les portions descendants.

Les paysages sont toujours magnifiques et le soleil brille sur nous pauvres coureurs.

C’est parti pour le Ventoux

Ça y est dernier ravito, avant l’ascension du jour : le Ventoux. 15km pour gravir les 1500m qui nous séparent du sommet. Ça fait quand même une belle moyenne de 10%. Je suis toujours frais, prêt à le faire.

Le départ est violent et les premiers kilomètres juste après Veaux font des gros dégâts dans le groupe où je suis. Avec des portions à plus de 20% et même jusque 30%, j’y ai laissé quelques plumes aussi. Mais, je pense moins que la majorité des coureurs qui composent mon groupe.

Après 3/4 km, l’ascension est beaucoup plus facile à gérer avec des pentes plus douces et surtout une montée plutôt ombragée ce qui fait beaucoup de bien car on doit être sur une température de 25°C.

L’arrivée au 57ème est une belle étape pour un ravitaillement avec une vue imprenable sur notre objectif du jour. Le Ventoux est juste là, il nous reste environ 5km de montée pour 500m de dénivelé. La pause est rapide, je n’ouvre même pas le sac de d’allègement et je repars.

Au fur et à mesure que l’altitude s’élève, la végétation change, disparaît et nous permet d’arriver sur des portions très pierreuses et à partir de 1700m des plaques de neige restantes sur les côtés du chemin.

Cinq lacets, quatre, trois, deux et le dernier… l’arrivée est atteinte, le Ventoux qu’on voit sur toutes les cartes postales est là juste devant moi. Et il fait plutôt bon même s’il y a du vent, il doit encore faire 10°C. Ça fait un peu de bien, car il faisait beaucoup plus en bas mais on ne va pas trainer.

La montée s’est bien passée puisque j’ai réussi à gagner 160 places !

Petite photo pour immortaliser l’instant et c’est parti pour une petite portion de crêtes avant de redescendre sur Malaucène pendant 20 km.

La descente infernale

Je suis carrément en avance sur les temps que j’imaginais, et comme le genou se porte bien, je m’autorise à accélérer et à courir beaucoup plus dans la descente car sinon ces 25 derniers kilomètres vont être très très longs.

La portion descendante est super agréable, avec de nombreux chemins en sous-bois large sans être techniques. Je continue à alterner course/marche mais les portions courues sont plus longues. Si bien que je descends à 7 ou 8km/h.

Je continue ainsi ma remontada au classement avec ce genou qui continue de faire le job et les cuisses et quadriceps sont en pleine forme, car j’étais vraiment en gestion au début de la course. Les kilomètres s’enchaînent très bien sur les deux premières heures de descente.

Je fais une pause un peu plus longue que prévue au dernier ravitaillement à 7 km de l’arrivée à la fois pour sortir la frontale et parce que cette fois-ci, les jambes commencent à fatiguer un peu plus avec la descente faute à une préparation inexistante et le genou commencent à crier un peu aussi. Le genou crie aussi bien au niveau de la contusion que de l’arrière du genou où la genouillère a fait une brulure à force de bouger. Je préfère tout de même la garder jusqu’au bout de peur d’avoir plus de douleurs en l’enlevant.

6/7 minutes de pause, et je repars pour la dernière portion qui se fait malgré tout plutôt bien. Même si je perds quelques places de manière anecdotique dessus (1ère portion où cela arrive depuis le premier checkpoint).

Finisher du Ventoux

Je passe la ligne d’arrivée au bout de 15h38, en 528e position ! C’est un chrono que je n’aurais même pas imaginé en rêve avec trois heures d’avance sur mon objectif.

Je retrouve les copains, tous finishers également avec des fortunes diverses.

C’était une super course dans un endroit que je connaissais pas du tout. Le mont Ventoux vaut vraiment le détour car le paysage est magnifique mais la vue se mérite avec une ascension pas de tout repos.

Je suis très content de ma course bien gérée avec une progression quasi continue.

Le genou a plutôt bien tenu le coup pendant toute la course, même si sur la fin c’était plus dur et je sens que je vais le payer dans les prochains jours / prochaines semaines. Maintenant, place au repos complet pendant environ un mois voir comment cela évolue.